Le
 

Le Reflet de Lincwick

Textes choisis

Décembre 2010 Encore des services coupés!
Novembre 2010 Rêve inaccessible?
Octobre 2010 Une brève histoire de la loge no 79
Septembre 2010 Nos mots, notre âme
Juin 2010
Mai 2010 Un voyage vers l'inconnu
Mars 2010
Février 2010
Janvier 2010
Novembre 2009

Pour nous écrire vos commentaires

Postes Canada
Encore des services coupés!
Marcel Langlois

Un médiaposte dans lequel rien n’est clair et qu’il faut lire entre les lignes. Les lignes disent que tous les services postaux seront donnés à Weedon; entre les lignes, nous comprendrons que des services donnés au Marché Bernadin sont coupés.

Vérifications faites, nous pourrons poster des lettres au Marché Bernadin, y acheter des timbres, envoyer des Xpressposts prépayés. Mais nous ne pourrons plus poster ni lettre recommandée ni colis, et nous ne pourrons plus faire faire un mandat-poste.

Que faire, Nous rendre à Weedon : de treize à vingt kilomètres… autant pour revenir. Un déplacement beaucoup plus grand que pour aller chez Bernadin!

En argent, avec une voiture qui consomme dix à douze litres aux cent kilomètres, cela représente de trois à cinq litres d’essence : pour poster une lettre, parce qu’elle doit être recommandée! Le coût en double pratiquement.

Et nos personnes âgées, des femmes, surtout, qui n’ont pas de voiture, nous les laissons tomber?

Souvenons-nous!

On a fermé notre école primaire et on a divisé nos enfants, comme des pointes de tarte : au sud de la route 108, ils s’en vont à Scotstown; au nord, ils s’en vont à Weedon.

Il a fallu une forte mobilisation citoyenne pour, au moins, les regrouper tous à la même école… mais pas chez nous : à Weedon.

Le gouvernement provincial a généreusement « donné » la route 257 à la municipalité… les factures d’entretien venaient évidemment avec le cadeau!

Plus récemment, le mouvement Desjardins mettait fin à son programme Reconnaissance, par lequel les aînés cessaient de payer des frais dès qu’ils atteignaient l’âge de soixante ans. On l’a remplacé par un rabais de quatre dollars sur des forfaits mensuels.

Et maintenant, on rogne sur nos services postaux.

Le fait-on exprès? Vive la dévitalisation de Lingwick.

Une nouvelle mobilisation citoyenne s’impose.
Le conseil municipal a voté une résolution par laquelle il réclame le rétablissement de l’ensemble des services postaux : dans notre monde, ce sont des services essentiels.

Nous, par nos organismes communautaires, et personnellement comme citoyens, faisons-en autant : appelons, écrivons, manifestons notre désaccord et exigeons le rétablissement de nos droits : ces services de proximité sont un droit.

Où s’adresser?

• Par téléphone : 1 800 267-1177;
• Par courriel : en allant sur le site Web de Postes Canada et en suivant les instructions : http://www.postescanada.ca/cpo/mc/aboutus/corporate/contactus.jsf
• Par la poste :
Postes Canada
555, rue McArthur,
bureau 1477
Saint-Laurent, QC, H4T 1T4

Faisons-nous un devoir d’agir. R


Rubrique : Polyvalente Louis-Saint-Laurent
Titre : Rêve inaccessible?
Auteurs : Renée-Claude Leroux, organisatrice communautaire
et Charles Labrie, enseignant


Légende : Olivier Magnan-Grenier
Crédit photo : Polyvalente Louis-Saint-Laurent

De l’aréna de Weedon … au centre Bell de Montréal
 
Quel petit joueur de hockey n’a pas espéré un jour devenir un joueur de hockey professionnel? Un rêve plutôt inaccessible, me direz-vous? Pourtant, c’est l’histoire d’un jeune de Lingwick, un ancien de la polyvalente Louis-Saint-Laurent : Olivier Magnan-Grenier.
 
Olivier a complété son école primaire à l’école Notre-Dame-du-Sacré-Cœur de Weedon et il a donné ses premiers coups de patins dans le hockey mineur à l’aréna de Weedon. Déjà, à cet âge, il était avantagé par la nature… souvent le plus grand de la classe, il démontrait de l’assurance et du leadership, mais on était bien loin de se douter d’où cela allait le mener!
 
Après des années de hockey mineur à Weedon, il fut vite remarqué; c’était un joueur d’avant qui se démarquait. Cependant, pour poursuivre son hockey dans le double lettre, Olivier a dû accepter de changer de position : d’un joueur d’avant, il est devenu un joueur de défense. Pour ceux qui ont des enfants qui jouent au hockey, vous comprendrez que ce ne fut sûrement pas une décision facile! La majorité des jeunes préfère compter des buts au lieu de les empêcher. Dans le hockey mineur, le travail des défenseurs est parfois ingrat et n’est pas toujours reconnu à sa juste valeur. Olivier a fait le bon choix et son sacrifice a été payant, car il lui a permis de faire son hockey Midget 3A. Le jeune de Lingwick a poursuivi ses études à Magog après avoir complété son secondaire 1 et 2 à la polyvalente Louis-Saint-Laurent.
 
Le 21 octobre 2010, date historique pour Olivier, il joue son premier match de hockey, à l’âge de 24 ans, dans l’habit des Devils du New Jersey, à Montréal. Une partie qui se termine par un compte final de 3-0 pour les Devils contre nos Canadiens! Un événement qui restera sûrement gravé dans sa mémoire et dans la nôtre. Le no 29 des Devils a joué environ 16 minutes et a fait bonne impression. Les commentaires de commentateurs sportifs sont favorables à son égard; il est fort à parier qu’il aura d’autres occasions de faire ses preuves. Nous le lui souhaitons!
 
Bravo, Olivier! Quelle fierté pour ta famille, Sylvie Magnan (mère), Jacques Grenier (père), Émilie (sœur), Éric (frère) et sûrement Mathieu Paquin (beau-frère), enseignant à la Cité-école. Cher Olivier, ce sentiment de fierté se transpose à toute la communauté : ton village, tes amis, tes anciens enseignants… et tes anciens coéquipiers de hockey. Partout, le message de ton ascension circule, à une vitesse que seule on retrouve dans les milieux ruraux. Dans les salles d’attente, ton nom est sur les lèvres de plusieurs et dans les maisons, les yeux sont rivés sur les téléviseurs. Comme quoi, les rêves les plus inimaginables peuvent se réaliser!
 
Félicitations pour ta persévérance! Bravo à vous, chers parents qui avez soutenu et accompagné votre enfant dans son cheminement des plus petits… vers les plus grands! R


Rubrique : Notre histoire
Titre : Une brève histoire de la loge no 79, M.A.F. & A, G.R.Q. de Lingwick.
Auteur : G.M. Morrison, sec., traduction par Marcel Langlois

L'histoire de la loge no 79 de Lingwick remonte au 29 janvier 1905, alors qu'une réunion informelle de maîtres maçons s'est tenue pour examiner la faisabilité de former une loge maçonnique à Gould. Le consensus et la résolution qui en résulta furent à l'effet que dans l'intérêt de la franc-maçonnerie, une loge des maçons anciens, libres et acceptés soit établie. La candidature à la Grande Loge du Québec, située à Montréal, a été acceptée. Une permission spéciale a été octroyée à vingt-quatre maîtres maçons, dont la majorité étaient membres de la loge Friendship no 66 de Cookshire, de procéder à cette entreprise. Par conséquent, ils sont devenus les membres originaires de notre loge.
 
Conséquemment à cette permission, une réunion a été convoquée au town hall (hôtel de ville) de Gould le 16 janvier 1906, alors que le vice-grand maître pour le district de Saint-François établit légalement la loge no 79 de Lingwick au registre de la Grande Loge du Québec. Il procéda ensuite à l'installation de la liste des officiers nouvellement élus et nommés. Les trois principaux administrateurs furent : le frère Daniel H. Morrison, vénérable maître, le frère Peter W. Buchanan, gardien principal et le frère D. D. MacDonald comme gardien junior. Le frère D. D. MacDonald, grand-père de Clyne, avait joint l'ordre maçonnique en 1887 alors qu'il travaillait au Colorado.
 
Les documents originaux de la loge indiquent que les membres qui s'y joignirent provenaient de North Hill, Dudswell, Bishop's Crossing, Fisher Hill, Red Mountain, Stornoway, Galson, Milan, Scotstown, Keith et Robinson (maintenant Bury). Plusieurs de ces frères étaient des descendants de ces braves âmes qui ont émigré de l'île de Lewis dans les Hébrides extérieures sur la côte ouest de l'Écosse.
 
Les membres de la loge choisirent de fixer leurs réunions mensuelles au mardi de la pleine lune ou au mardi précédent; par conséquent, il y eut treize réunions fixées par an jusqu'en 1983. Depuis lors, du fait que la plupart de nos membres voyagent de la région de Lennoxville-Sherbrooke, les mois de janvier, février, et parfois mars, en raison de temps de tempêtes, ont été déclarés « vacances d'hiver ».
 
Très peu de nos membres actuels peuvent évoquer, comme témoins, l'arrivée des frères par carriole légère ou lourde dans des conditions hivernales sévères, mettre leurs chevaux dans les anciens hangars de l'église et participer à l'assemblée de leur loge. Ces réunions étaient convoquées au troisième étage du town hall, pour les frais nominaux de location de trente-cinq dollars par an. Le couvreur avait la tâche laborieuse de transporter tout le bois du sous-sol par toutes ces nombreuses marches et de tenter de chauffer les salles maçonniques à l'aide du vieux box stove (poêle-cuisinière). Les procès-verbaux de la loge indiquent que plusieurs réunions ne finissaient que bien au-delà de minuit. Réchauffés par une petite goutte de scotch et la route éclairée par la lumière de la pleine lune, nos frères retournaient chez eux, satisfaits du sentiment qu'ils perpétuaient les préceptes authentiques d'un ordre noble.
Il est très difficile pour nous, aujourd'hui, d'apprécier pleinement les efforts et les sacrifices de nos anciens officiers et membres de la loge, qui ont lutté dans une région rurale éloignée pour honorer leurs nombreux engagements, financiers et autres. Les soupers d'huîtres, les parties de sucre, les danses folkloriques printanières et automnales, les parties de cartes et autres levées de fonds étaient tous des événements annuels bien supportés par la communauté. Toutes les recettes de ces entreprises étaient promptement données à des organismes remarquables de bienfaisance, le plus notable étant l'hôpital Shriner pour les enfants handicapés à Montréal.
 
En 1963, en raison de la baisse de l'adhésion, la loge Fidelity no 77, qui a été instituée le 14 septembre 1898 à Lac-Mégantic, a choisi de fusionner avec celle de Lingwick, no 79. Leurs membres ont reçu un accueil cordial et plusieurs d'entre eux se sont plus tard révélés un atout précieux pour notre loge en servant comme officiers ainsi que ritualistes compétents. Aujourd'hui, il y a encore sept anciens membres de Fidelity no 77 sur notre fichier d'adresses.
 
Malgré le fait que le town hall a été vendu à Mme Monique Rousseau en juin 1981, un contrat de location négocié a permis à la loge de continuer à s'y réunir jusqu'en 1988. Le bâtiment a été vendu à nouveau, mais cette fois, il n'y a eu aucune possibilité de prolonger la location des salles maçonniques. Par conséquent, la dernière réunion de la loge de Lingwick dans l'ancien town hall a eu lieu le 21 mars 1989.
 
La construction d'un nouveau pont sur la rivière au Saumon et de la nouvelle route droite à travers Gould en 1971 a obligé à déplacer l'église Unie Chalmers. Elle fut déplacée sur ladite route et placée sur de nouvelles fondations. Ce nouveau sous-sol est resté inachevé jusqu'en 1989 alors que les maçons négocièrent un accord formel avec l'administration de l'Église et assuma l'investissement de dix ou douze mille dollars, pour toutes les rénovations nécessaires. Grâce à l'expertise de M.  Douglas Beaton, notre menuisier, aux dons financiers généreux d'individus et de « loges sœurs locales », ainsi qu'aux nombreuses heures-hommes de travail bénévole, ce projet a été réalisé à temps pour notre première rencontre dans ce lieu le 18 avril 1989.
 
En 1979, il y avait 103 membres sur le registre, dont 35 étaient membres à vie. L'attrition a certes pris sa cote au cours des vingt-cinq ans puisqu'il y a actuellement seulement trente-six membres, ce qui comprend les dix-neuf membres à vie. Plusieurs de nos frères ont été honorés en recevant leurs joyaux de 50 ans de la Grande Loge maçonnique. Certains membres ont reçu leur barre de 60 ans pour ajouter auxdits joyaux, mais un seul de nos frères a jamais été le récipiendaire de sa barre de 70 ans. Le 3 février 1991, le vénérable frère Arthur B. MacDonald de North Hill, qui était alors dans sa 96e année, a été fêté à son domicile pour avoir atteint cette étape importante dans sa carrière maçonnique active.
 
Le 75e anniversaire de notre loge a été célébré le 13 juin 1981. La cérémonie de reconsécration de la loge, le vin et fromages l'après-midi pour les dames, le banquet et la danse à la salle Jean-Paul à Bury ont tous eu un succès retentissant. Nous, les quelques membres locaux restants, visons la possibilité de célébrer le 100e anniversaire de la loge no 79 de Lingwick en 2006. R


Rubrique : Our history
Titre : A Brief History of Lingwick Lodge No. 79, A.F. & A.M., G.R.Q.
Auteur : G.M. Morrison, sec.

The history of Lingwick Lodge No. 79 dates back to Jan. 29, 1905 when an informal meeting of Master Masons was held to consider the feasibility of forming a Masonic Lodge in Gould. The consensus and resulting resolution stated that in the interests of Freemasonry, a Lodge of Ancient, Free and Accepted Masons be established. The application to the Grand Lodge of Quebec, situated in Montreal, was accepted. Special dispensation was granted to twenty-four Master Masons, the majority of whom were members of Friendship Lodge No. 66 in Cookshire, to proceed with this venture. Thus, they became the Charter Members of our Lodge.

Pursuant to this dispensation, a meeting was convened at the Town Hall in Gould on the 16th day of January, 1906 at which time the District Deputy Grand Master for the District of S1. Francis legally instituted Lingwick Lodge No. 79 on the register of the Grand Lodge of Quebec. He then proceeded to install the slate of newly elected and appointed officers. The three principal officers were: Wor. Bro. Daniel H. Morrison, Worshipful Master, Bro. Peter W. Buchanan, Senior Warden and Bro. D. D. MacDonald as Junior Warden. Bro. D. D. MacDonald, Clyne's grandfather, had joined the Masonic Order in 1887 while working in Colorado.

The original records of the Lodge indicate that the joining members came from North, Hill, Dudswell, Bishop's Crossing, Fisher Hill, Red Mountain, Stornoway, Galson, Milan, Scotstown, Keith and Robinson (now Bury). Many of these brethren were descendents of those brave souls who emigrated from the Isle of Lewis in the Outer Hebrides off the west coast of Scotland.

The members of the Lodge chose to schedule their monthly meetings on the Tuesday on or before the full moon, consequently there were thirteen stated meetings per year up  unti1 1983. Since then, due to the fact that most of our members travel from the Lennoxville-Sherbrooke area., the months of January, February, and sometimes March due to stormy weather, have been declared "winter recess".

Very few of our present members can reminisce about witnessing the arrival of brethren by cutter or pung  sleigh in severe winter conditions, of putting their horses in the old church sheds, and attending their Lodge assembly. These meetings were convened on the third floor of the Town Hall for the nominal rental fee of thirty-five dollars per year. The Tyler had the laborious job of carrying all the wood from the basement up all those many stairs and attempting to heat the Masonic Chambers using the old box stove.

The minutes of the Lodge indicate that many of the meetings did not end until well past midnight. Warmed by a wee dram of Scotch Whisky and the road illuminated by the light of the full moon, our brethren proceeded homeward, content with the feeling that they were perpetuating the genuine precepts of a noble order.

It is very difficult for us today to fully appreciate the efforts and sacrifices of our past officers and members of the Lodge who struggled in a remote rural area to honour their many commitments; financial and other. The oyster suppers, sugaring-off parties, spring and fall country dances, card parties and other fund raisers were all annual events well supported by the community. All proceeds realized from these ventures were promptly donated to worthy charities, most noteworthy being the Shriner's Hospital for Handicapped Children in Montreal.

In 1963, due to declining membership, Fidelity Lodge No. 77 which was instituted on Sept. 14, 1898 in Lake Megantic, chose to amalgamate with Lingwick #79. Their members received a cordial welcome and many of them later proved to be an invaluable asset to our Lodge by serving in the capacity of officers as well as proficient ritualists. At the present rime, there are still seven former Fidelity #77 members on our mailing list.

Despite the fact that the Town Hall was sold to Mme Monique Rousseau in June 1981, a negotiated rental agreement enabled the Lodge to continue meeting there until 1988. The building was again sold, but this time there was no possibility of extending the rental of the Masonic Chambers. Consequently, the last meeting of Lingwick Lodge in the old Town Hall was held on March 21, 1989.

The construction of a new bridge over the Salmon River and the new straight road through Gould in 1971 necessitated the moving of Chalmer's United Church. It was moved across said road and placed on a new foundation. This new basement remained unfinished until 1989 when the Masons negotiated a formal agreement with the Trustees of the Church and assumed the ten or twelve thousand dollars investment for all necessary renovations. Thanks to the expertise of Mr. Douglas Beaton, our carpenter, the generous financial donations of individuals and local "Sister Lodges" as well as the many man hours of donated labour, this project was completed in time for our first meeting in this venue on April 18, 1989.
In 1979 there were 103 members on the roster, 35 of whom were life members. Attrition has certainly taken its toll over the intervening twenty-five years as there are currently only thirty-six members, which includes the nineteen life members. Many of our brethren have been honoured by receiving their 50 year Grand Lodge Masonic jewels. Some members have recei-ved their 60 year bar to add to said jewel, but only one of our brethren has ever been the recipient of his 70 year bar. On Feb. 3, 1991, Wor. Bro. Arthur B. MacDonald of North Hill, who was then in his 96th year, was honoured at his home for achieving this milestone in his active Masonic career.

The 75th anniversary of our Lodge was celebrated on June 13, 1981. The Lodge rededication ceremony, the afternoon wine and cheese social for the ladies, the banquet and dance at Salle Jean Paul in Bury were all a resounding success. We, the few remaining local members, look forward to the possibility of being able to celebrate the 100th Anniversary of Lingwick Lodge No. 79 in the year 2006. R


Rubrique : Nos mots, notre âme
Titre : Je me souviens.
Auteur : Malois

On le dit, on le prétend. Le Québec en a même fait sa devise.
 
Mais la vérité, semblerait-il, est plus nuancée. En fait, on est souvent porté à oublier. Ce qui s'est passé en juin est oublié en septembre. Les vacances ont fait leur œuvre, le temps, tout simplement, aussi.
 
Ceux qui font carrière en politique comptent là-dessus pour garder le pouvoir même après que le peuple les ait grandement désapprouvés. Ne dit-on pas qu'en politique, six mois, c'est une éternité?
 
À moins qu'il ne s'agisse d'une chose très importante, que l'émotion n'ait été grande, ou qu'on se soit donné grand mal pour mémoriser, on oublie.
 
On oublie le prix du lait, le nom du ministre de l'éducation, l'anniversaire d'un être cher. On oublie même, cela se produit, son propre anniversaire.
 
Soixante ans plus tard, on n'a plus qu'une connaissance vague de ce qui avait été à l'origine de la Seconde Guerre mondiale. Chez les plus vieux, le temps a tout embrouillé et quant aux plus jeunes, ils apprennent : c'est de la mémorisation, pas des souvenirs. Et on ne parle pas, ici, de dénégation de ce qui s'est passé : juste d'oubli et d'ignorance des faits et de leurs causes.
 
On se souvient que le Canada, le grand pays, a été français. Après que les Français l'aient usurpé sur les Amérindiens. On se souvient qu'en moins de vingt minutes, sans réelle bataille (mais se souvient-on?), les Anglais ont usurpé le Canada sur la France… qui n'y tenait pas tant. Deux cent soixante ans plus tard, le souvenir en nourrit encore la politique nationale : l'émotion canadienne, dans ce cas, a crû avec le temps.

Mais quels sont les bons, les mauvais coups des gouvernements successifs? À part quelques événements majeurs, on a oublié. Et même ces derniers, on a du mal à les placer dans le temps… voire, souvent, à les attribuer à leurs réels auteurs.
 
On se souvient bien que, vers telle époque, on avait parlé de corruption, mais on a bien oublié ce dont il s'agissait.
 
Les gestes malhonnêtes ou antidémocratiques perdent rapidement de leur valeur d'actualité et, dès lors, de leur pouvoir de motivation. C'est ainsi qu'aux élections suivantes, on reporte au pouvoir ceux qu'on a honnis si peu de temps auparavant.
 
Le peuple oublie son pouvoir.
 
Quand vient le temps de l'exercer, il faudrait pourtant se souvenir… de se souvenir! R


Rubrique : Chronique touristique.
Titre : Retour aux sources.
Auteur : Daniel Audet.

Le projet de Mme Margaret Bennett était d’organiser une tournée dans les écoles tant primaires que secondaires, les sociétés d’histoire et les centres culturels dans les îles Hébrides (Uist, Harris, Lewis). Une tournée pour offrir une conférence sur ceux qui les avaient quittées pour venir se refaire une vie dans la MRC du Haut-Saint-François et dans celle du Granit : une conférence sur leur histoire donnée par Margaret, appuyée par le talent et le violon de Daniel Fréchette, par une collection d’une vingtaine de photos de Manon Rousso et par des ateliers de cuisine donnés par moi-même. Edmond Yergeau suivait le groupe pour croquer sur le vif les images qui nous rappelleraient ce merveilleux voyage.

 
Avril 2010, à Calanais, sur l’île Lewis en Écosse. Daniel Audet accompagnée
de Margaret Bennett, historienne. Photo : Edmond Yergeau


Revenons aux préparatifs du voyage. Manon Rousso, avec le talent qu’on lui connaît, prépara ses photos : une première sélection de 50, desquelles Margaret en choisit une vingtaine pour l’exposition dans les îles Hébrides. Elle expédia ses photos par la poste et Margaret les encadra en Écosse.
 
Il fallait, pour le côté cuisine, apporter du sirop d’érable. C’est une amie de Margaret qui, de son érablière, nous fournit le sirop : 24 litres à placer dans nos bagages… Quelques 30 kilos supplémentaires, cinq valises, un violon, une raquette à neige, un poêle à bois miniature, un moule à beurre, des chalumeaux, et quelques jours plus tard, nous voilà à Montréal, au comptoir d’Air France, prêts pour l’aventure. Nous avions une escale à Paris. Deux décollages, deux atterrissages avant d’embrasser Margaret à Édimbourg.

    
Photos : Edmond Yergeau
 
Enfin, nous voilà en Écosse. Margaret est venue nous chercher à l’aéroport. Volant à droite, conduite à gauche dans une petite van, le voyage commence réellement. Après l’autoroute, nous voilà lancés sur les petites routes sinueuses du Perthshire. C’est là que j’ai compris que l’automobile était sûrement plus dangereuse que l’avion.
 
Heureusement, les paysages sont magnifiques et nous font oublier ces petites routes qui sont à peine plus larges que nos pistes cyclables. Les jonquilles sont fleuries et, tant sur la mainland que sur les îles Hébrides, poussent en fleurs sauvages. Nous arrivons à la maison de Margaret : une magnifique ferme de 1830. Les bâtiments sont tous en pierres. Il y a trois propriétaires distincts qui se partagent cette ferme. Margaret a restauré la partie grange. Magnifique.
 
Pour tromper le sommeil, car pour nous, il est environ 6 heures du matin, nous passons la journée à explorer les villages environnant la propriété de Margaret. Après une bonne nuit, nous chargeons la van : le sirop d’érable, les 16 kilos de farine de sarrasin, les 10 sacs de fèves blanches, les bagages, les projecteurs, les ordinateurs… Les photos de Manon, pour ne pas les abîmer, voyageront sur nos genoux. En route vers Oban, où nous prendrons le traversier jusqu’à Lochboisdale sur l’île de South Uist : deux heures de route et six heures de traversier.
 
Nous passons pratiquement toute la traversée sur le pont. Bien que la température soit belle, c’est surtout pour tenir compagnie à Edmond qui n’a pas le pied marin.
 
Je ne voulais pas manquer l’arrivée aux îles. Voir les paysages, les dernières images que les premiers Écossais de Lingwick avaient apportées avec eux. Une fois à Lochboisdale, nous avions encore 2 heures de route pour rejoindre la maison où nous couchions sur l’Île Benbecula. La maison de Griminish était en face d’un bras de mer. On y voyait la marée. On y sentait la mer et le vent.
 
Le lendemain matin, j’ai cuisiné les fèves au lard et les galettes de sarrasin (160) pendant que Margaret, Gonzalo, son conjoint, et Edmond allèrent installer les photos de Manon à la première société d’histoire où nous commencions notre tournée.


  
Avril 2010. Présentation à l’école primaire de Tolsta.
Le violoniste, Daniel Fréchette. Derrière lui, en noir, Daniel Audet. En beige-rosé, Margaret Bennett.
Photo : Edmond Yergeau
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Nous avons fait 9 écoles, 6 sociétés d’histoire et un centre culturel dans tout notre voyage. J’ai trouvé les écoles sur les îles Hébrides très colorées. Toutes mettent l’accent sur les élèves. Il y a leurs photos d’épinglées sur les murs, leurs travaux scolaires, leurs dessins. On y enseigne l’anglais, le gaélique et même le français. Partout, les enseignants et les directeurs nous accueillaient chaleureusement : café, thé, sablés, biscuits et gâteaux. Les enfants des différentes écoles de l’île Lewis nous avaient préparé des spectacles. Le sirop d’érable a fait fureur, les galettes de sarrasin un peu moins. Le sarrasin n’est pas connu en Écosse.
 
C’est l’une des cultures que nos premiers arrivants écossais ont connue ici et qui a changé leurs habitudes alimentaires. Depuis un an, aux Hébrides, on fait des expériences sur la culture du sarrasin.
 
Au niveau des écoles secondaires, l’on forme les adolescents à devenir crofter en plus de la formation académique. Un crofter est un petit fermier qui a environ 5 acres de terre à exploiter. Les écoles les forment à acquérir une indépendance alimentaire. Ces 5 acres doivent les nourrir tant par la culture que par l’élevage. Ils devront quand même travailler pour gagner leur vie, mais auront toujours une indépendance alimentaire.
 
Quant aux sociétés d’histoire, elles sont situées à l’intérieur de centres communautaires. Elles ont leurs expositions, leur musée, leur librairie et leur petite salle pour les Ceilidhs. A chaque soirée, les femmes y apportaient de la nourriture, j’y joignais mes fèves au lard, les galettes de sarrasin et le sirop d’érable. Daniel Fréchette y allait de son violon, Margaret parlait des Écossais de notre région, les Écossais de leurs chansons en gaélique et nous, de nos chansons québécoises. L’instrument le plus populaire des îles est l’accordéon.
 
Quant à l’exposition de Manon, ses photos ont été exposées à Griminish sur l’île de Benbecula, Kershader et au centre culturel An Lantair à Stornoway sur l’île Lewis. Après, elles retourneront au centre communautaire de Kershader en permanence.
 
Le Highlander des îles Hébrides est accueillant, souriant et bon vivant. J’y ai entendu de belles voix d’hommes et de femmes chantant leurs histoires en gaélique. Il est très religieux. Le dimanche, la principale sortie est l’église, car tous les commerces, les terrains de golf, les attractions touristiques sont fermés. Si vous allez à l’extérieur vous promener, parlez sans vous exclamer. Le dimanche est consacré à la famille et à Dieu. Dans nos deux MRC, on rencontre beaucoup de noms de routes ou de lieux communs à l’île Lewis : Galson, Dell, Tolsta, Stornoway, Gisla…
 
J’y ai rencontré aussi des descendants de gens qui sont venus vivre dans notre région au 19e siècle, qui y ont passé 2 générations et la 3e est retournée à l’île Lewis. J’y ai rencontré des gens qui voulaient savoir ce qu’étaient devenus leurs grands-oncles, leurs grands-tantes déportés dans les années 1860-1880. Ils ne les avaient pas oubliés.



Avril 2010. Les accordéonistes de la Société d’histoire de Ness.
Photo : Edmond Yergeau

 
J’ai vu les terres des îles Hébrides qui n’ont de parenté avec les nôtres que le vallonnement, les collines et les montagnes. J’y ai vu leurs chevreuils, leurs moutons et leurs vaches. J’ai dormi dans leurs maisons. J’ai goûté au vent, à la pluie et au soleil.
 
J’ai surtout senti leur hospitalité légendaire.
 
Tous ces hommes et ces femmes qui sont partis de gré ou de force bâtir ici leurs nouvelles maisons que nous habitons maintenant, travailler la terre et les forêts dont nous profitons aujourd’hui, je leurs dis un grand merci.
 
Bien que francophone de culture, je me sens privilégié d’habiter l’une de leurs maisons et à travers leur magasin général, de continuer à parler d’eux et de l’héritage qu’ils nous ont laissé.


Texte choisi
Rubrique, entrevue.
Un voyage vers l'inconnu.
Auteure, Andrée Bonnier.

C'est un matin que je décide d'interviewer André Marois. Nous arrivons de bonne heure le matin et nous nous mettons au travail. Je désire en savoir plus à propos de son projet humanitaire qu'il veut réaliser au Pérou. Je vous fais part de ce qui est ressorti de notre brève entrevue.
 
Question par Andrée Bonnier : Pour commencer André, parle-nous de ton projet.
 
André : C'est un projet au Pérou, qui s'adresse aux élèves de 3e secondaire de cette année et qui aura pour but de sensibiliser les élèves à la solidarité internationale.
 
Q : Comment cette idée de projet t'est-elle venue?
 
André : J'ai toujours eu un goût pour la solidarité internationale. Déjà depuis la 2e secondaire, j'avais dans l'idée de faire ce genre de voyage plus tard. Dans le cadre du nouveau cours de projet intégrateur, j'ai pu réaliser mon projet de longue date.
 
Q : Tu m'as dit que ce voyage s'adressait à la 3e secondaire. Pourquoi?
 
André : La 3e secondaire, c'est pour plusieurs raisons. J'ai commencé par éliminer les niveaux qui ont déjà beaucoup de voyages ou de dépenses. Comme les 5e secondaire qui ont déjà le voyage à New-York, le bal, l'album des finissants, etc., à payer. Et je cherchais des jeunes assez vieux pour faire le voyage dont l'âge minimum est de 15 ans.
 
Q : Tu prévois partir quand pour le Pérou avec tes jeunes stagiaires?
 
André : J'aimerais partir en juillet 2011. Cette année, c'était impossible. Je voulais me donner le maximum de temps de préparation. Ce délai nous donne aussi assez de temps pour amasser l'argent nécessaire à la réalisation de mon magnifique projet!
 
Q : Pourquoi as-tu choisi le Pérou comme destination?
 
André : Sérieusement, je voulais aller visiter le Machu Picchu. Je veux en apprendre plus sur la culture péruvienne. Les billets coûtent moins cher que certaines autres destinations. Ce qui nous le rend plus accessible.
 
Q : Finalement, as-tu des choses à rajouter après tout ce que tu m'as déjà dit à propos de ton projet futur?
 
André : De 8 à 12 jeunes seront choisis pour le voyage. Prochainement, je veux faire des campagnes de financement. Et éventuellement, apprendre l'espagnol! Réaliser une formation aussi de pré-départ avec les vaccins, etc.
 
C'est sur une note positive que je quitte André, après l'avoir félicité pour sa belle initiative!
 
Pour tous commentaires, questions ou suggestions, vous pouvez communiquez avec nous :
Andrée Bonnier :
andreebonnier@gmail.com.
André Marois :
andremarois123@hotmail.com. R

Chronique touristique.
Titre : Patrimoine culturel immatériel.
Auteur : Daniel Audet.

Patrimoine immatériel? C’est quoi encore cette affaire? Nous avons déjà bien assez de nous occuper du patrimoine bâti et paysager, me direz-vous? C’est à mon avis le plus important des patrimoines dont je vous ai entretenus.

Gould
Légende de la gare . Tout le monde connaît le chemin Gould Station, mais y-a-t-il encore beaucoup de gens qui se
souviennent que le chemin doit son nom à cette petite gare?
L'original de cette photo m'a été donné par un M. Cloutier anciennement de Scotstown, aujourd'hui de Sept-Iles.

 

Le plus fragile aussi, le moins coûteux à entretenir; pourtant, il est aussi celui qui demande le plus d’efforts intellectuels et de bonne volonté de notre part, pour le protéger. La notion de patrimoine culturel immatériel dans le monde est récente. Elle est apparue au début des années 1990 pour faire contrepoids au patrimoine tourné essentiellement vers les aspects matériels de la culture. Au Québec, cette notion de patrimoine immatériel apparaît vers 2007. Le patrimoine immatériel veut protéger les traditions orales, les langues, les arts du spectacle, les pratiques sociales et les rituels, les connaissances et les pratiques concernant la nature et l’univers, les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel et tous les lieux associés que les communautés, les groupes, mais aussi les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Encore beaucoup de beaux mots, qui sans exemple ne vous toucheront probablement pas.
 
À sa petite-fille, le grand-père qui raconte l’histoire de son grand-père venu s’installer à Lingwick rejoint cinq générations. Si celle-ci transmet l’histoire à ses petits-enfants cela touchera sept générations. C’est ce qu’on appelle la tradition orale. C’est aussi ce qu’on nomme de l’histoire locale. C’est ce qui enrichit aussi une population et permet aux souvenirs de lier une génération à une autre. Mais il faut se donner la peine de raconter à l’autre. Je ne suis le petit-fils de personne de Lingwick, mais je remercie ceux qui m’ont raconté leurs souvenirs tant écossais que québécois. Sur notre territoire, dans notre localité, trois langues se sont parlé. Plusieurs d’entre vous se souviennent d’avoir entendu la langue gaélique aujour-d’hui disparue; patrimoine immatériel perdu.

Arts du spectacle

Les arts du spectacle, beaucoup de gigues, de danses, de chansons, de musique sont disparus de notre patrimoine parce qu’ils ne se sont pas transmis d’une génération à l’autre. J’ai vu, à la Ruée vers Gould, lors d’une réunion de famille pour fêter l’anniversaire de M. Évariste Gagné, Yvette Rancourt-Gagné se lever et exécuter admirablement une gigue particulière que sa mère faisait autrefois dans les veillées de Lingwick. Mme Gagné m’a donné la chance de voir une gigue traditionnelle de la région.

Pratiques sociales

Les pratiques sociales et les rituels florissants autrefois dans notre localité, dans notre région, sont maintenant disparus ou en voie de disparaître. Je pense à la Roby Burn’s Night de Scotstown, aux processions à la Sainte-Anne du chemin Fontainebleau, à la fête du Canada de Bury, l’une sinon la plus vieille du genre au Canada, aux Rebecca’s Daugthers de Bishopton, aux parades des Gais Lurons.

Connaissances et pratiques

Les connaissances et les pratiques concernant la nature et l’univers, dont la chasse sur notre territoire, semblent bien se porter tant qu’il y aura ces petites bêtes à queue blanche sur notre territoire. Par contre, dans moins de vingt ans, ceux qui ont fait la drave auront tous disparu sans que les plus jeunes de notre localité connaissent réellement leur histoire.

Savoir- faire et artisanat

Les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel apparaissent de nouveau dans notre localité : cordonnier, maréchal-ferrant, bûcheron et savonnière. Les dames qui taillent la guenille et qui la tissent pour lui redonner une autre vie. La coopérative Les Artisans de Lingwick est une magnifique initiative locale pour conserver, pour faire renaître et promouvoir l’artisanat, tout en lui donnant une belle vitrine régionale.

Lieux

Tous les lieux associés que les communautés, les groupes mais aussi les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel comme le Indian Hill sur la terre de Clyne McDonald, Fisher Hill sur la 257 nord qui ne fait pas référence à la rivière au Saumon, mais à ces pêcheurs de l’île Lewis venus s’établir là. Le pont croche, le pont de câbles, etc.

Le reconnaître, le conter

Pour être reconnu, le patrimoine immatériel doit se transmettre de génération en génération. Pour ce faire, il faut donc un grand-père ou une grand-mère qui raconte et des plus jeunes qui écoutent, qui posent des questions et qui, le moment venu, raconteront à leur tour à de plus jeunes qu’eux. Le patrimoine immatériel comme les pratiques sociales et les rituels est recréé en permanence par les communautés et les groupes, en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire. Il procure aux communautés et aux groupes un sentiment d’identité et de continuité. Il contribue à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. Et en tout, il doit respecter les droits de l’homme et du développement durable.

À quand les arts culinaires?

Les arts culinaires d’une région ne sont pas encore reconnus comme patrimoine immatériel. Mais à mon avis, ils respectent bien les critères pour en faire partie.
 
Beaucoup de trésors du patrimoine immatériel se cachent au sein de nos familles, dans la mémoire de nos aînés. Beaucoup de traditions, de fêtes, de rituels se perdent par le manque d’encouragement et de participation. Moins il y a de patrimoine immatériel dans une communauté, plus elle est dévitalisée. Le patrimoine immatériel est l’esprit d’une population, le patrimoine bâti et paysager en est le corps. Souhaitons-nous un esprit sain dans un corps sain.
 
Dans le prochain numéro du Reflet, je vous raconterai notre séjour dans les Hybrides, en Écosse. C’est une expérience reliée directement à leur patrimoine immatériel lié au nôtre.

 


Chronique touristique : Patrimoine paysager.
Auteur : Daniel Audet 


Cimetière des Pionniers de Gould. M. James Allen, en kilt.
Prise par Guy Brunet

Le paysage est un des éléments distinctifs importants de notre patrimoine. Les forêts, les plaines, les champs, les prairies, les collines, les vallons, les montagnes, les lacs, les rivières et les ruisseaux de notre territoire ont charmé depuis des centaines d’années les populations qui y vécurent. Ces populations, qu’elles soient d’origine amérindienne, écossaise, irlandaise ou québécoise, ont su y laisser leurs empreintes et ne reconnaîtraient pas aujourd’hui le paysage qui les a vues évoluer durant leur passage.
 
Patrimoine vivant
 
Le paysage est un patrimoine vivant. Il change au gré des saisons, au gré des besoins de ses habitants. Les saumons de la rivière ont laissé leur place aux barrages hydro-électriques de la Saint-François. Les forêts, terres de chasse amérindiennes, devinrent de belles fermes écossaises et québécoises. Plusieurs de ces fermes retournèrent à la forêt, d’autres se transformèrent en plantations de sapins. Le paysage d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier, et ne sera pas celui de demain.
 
La beauté du patrimoine paysager de Lingwick influence nos vies au niveau culturel, économique, esthétique, environnemental ou social.
 
Les vieux érables du North Hill, corridor vert l’été, rouge l’automne, n’ombragent plus les voitures à chevaux mais restent indubitablement romantiques. Le chemin de la Montagne-Rouge témoigne par son nom de ce que les premiers colons écossais virent il y a plus de 150 ans.
 
Les vieux pommiers aujourd’hui solitaires dans le pré indiquent souvent le lieu d’une habitation et n’abritent plus les jeux des enfants de la maison.
 
Les fleurs de Maude Huntington McRitchie poussent encore autour de la Maison McAuley. Les fleurs de Madame Dallaire, entretenues avec amour chaque année, feront encore des bouquets dans 50 ans pour le plaisir d’une autre famille.
 
Il y a quelques années, de l’asphalte de la Ruée vers Gould, sortirent des asperges que probablement la famille de Dave Hillis avait plantées. La flore qui compose nos paysages peut nous raconter culturellement bien des histoires sur notre patrimoine. L’esthétisme de nos paysages, que nous travaillons à maintenir autour de nos propriétés privées et publiques, parlera aussi aux générations futures.
 
Les plantations de sapins, les fermes laitières, agroalimentaires ou à bœuf, les érablières, l’exploitation forestière participent à la diversité et à la qualité du patrimoine paysager. Cette diversité et cette qualité du paysage, dans le respect environnemental, constitue une ressource et un moteur économique déterminant pour nos régions rurales.
 
Les endroits publics comme la plage municipale, le Belvédère, le pont couvert et le terrain des loisirs font partie aussi du patrimoine paysager. Leurs fonctions sont sociales. Depuis des décennies notre population utilise ces lieux pour des fêtes et des rencontres amicales ou familiales.

Un hybride issu du patrimoine bâti et du patrimoine paysager : les cimetières. Nous avons de cet héritage une grande richesse patrimoniale : quatre cimetières. Les cimetières font partie de notre paysage. Situés souvent en des endroits remarquables, ils sont la table des matières de l’histoire d’une région : un hommage à nos bâtisseurs.
 
Malgré la richesse de notre patrimoine paysager, la grande majorité de la population n’a pas accès aux lacs Moffatt et McGill.
 
Notre patrimoine est un bien commun dont la protection et la responsabilité incombent tant à l’individu qu’à la collectivité.
 
La disparition des particularités paysagères locales, l’abandon des terres agricoles, le développement de villégiature non-planifié, l’indifférence et l’insensibilité face à notre territoire sont les dangers qui guettent notre patrimoine.
 
Bien protégé, entretenu et mis en valeur, notre patrimoine devient attractif pour les nouveaux résidents, les visiteurs et les entreprises.
 
Une carte de plus pour la rurbanisation et le tourisme.
 
Du 11 au 21 avril, sur l’invitation de Mme Margaret Bennett,
Daniel Fréchette l’un des violonistes du spectacle Ceilidh, Échos d’Écosse,
une exposition de photos de Manon Rousso
et moi partons en tournée dans les écoles des Iles Lewis, Harris, Uist et Skye
pour raconter l’après de l’immigration des Hébrides.
Photos de Manon Rousso,
musique de Daniel Fréchette,
cuisine de Daniel Audet,
conférence de Margaret Bennett.
Pour ceux et celles qui voudraient suivre le voyage de façon virtuelle,
faire parvenir votre courriel à : info@rueegouldrush.net

 


Rubrique : Opinion
Titre : Accommodements xénophobes
Auteur : Marcel Langlois

Qu’il est difficile d’aimer! Gilles Vigneault

La Cour suprême oblige à des accommodements raisonnables. Le peuple a des réserves.

Le gouvernement provincial a créé une commission... Ça noie le poisson, ça peut permettre de ne rien faire… Elle a suscité l’expression de pensées intelligentes, généreuses, de pensées bêtes, mesquines. Son rapport déçoit des citoyens. S’attendait-on à ce qu’il stimule la haine ou qu’il vise un vivre ensemble?

Les demandes ou exigences sans bon sens engendrent des réactions de fermeture, d’agressivité, de rejet et, c’est risqué, de xénophobie. Rappelons le délire de l’imam autoproclamé Saïd Jaziri (pas plus imam que n’importe quel citoyen ordinaire n’est prêtre catholique), et que le Canada a renvoyé en Tunisie, son pays, pour mensonge dans sa demande d’immigration. Chez lui, on ne le connaît pas. Et comme dit un guide : « Aussi loin qu’au Canada, il peut bien dire ce qu’il veut! »

Souvent, on cède à une demande, par bon voisinage. Les vitres givrées d’un WMCA ont agacé des gens.

Alors, faut-il en faire des accommodements raisonnables, oui ou non? Bien sûr qu’il le faut! Le refuser nierait la possibilité de vivre en société, de vivre en couple.

On en fait donc. Tous les jours. Ça commence entre amoureux.

Puis, on se tait devant celui qui chiale tout le temps, sinon, ça ne sera pas vivable avec lui.
On évite de parler politique avec celui qui n’a pas la même option que soi. Nombreux sont les fédéralistes qui n’osent s’afficher quand le souverainisme prend du poil de la bête!

Quand on arrive dans un nouveau milieu, mieux vaut garder un profil bas. Sinon, on risque de se faire rejeter : « Il n’est même pas d’ici! »

Oui! Pour vivre en société, il faut de la tolérance, des accommodements. Quand un groupe accueil-le des nouveaux, ses membres doivent en faire à leur égard, les nouveaux doivent en faire à l’égard du groupe d’accueil. Voilà!

Là où c’est plus difficile, c’est lorsque les différences sont grandes. On s’accommode plutôt bien d’une différence de langue ou de couleur de peau. Ça, ce n’est pas très menaçant. Mais quand les différences rejoignent des valeurs profondes ou semblent le faire, là, ça devient rapidement plus inconfortable. L’insécurité naît. Et elle engendre des réactions de fermeture, d’agressivité, de rejet, de xénophobie, de racisme..

Il est difficile d’être soi-même, de se poser comme tel, sans se sentir envahi. Il est alors d’autant plus difficile d’accueillir la différence sans s’écraser ni écraser. C’est là qu’est le nœud gordien : savoir se respecter, se sentir sûr de soi, et respecter l’autre.

Condamner une personne parce qu’elle croit, d’une façon ou d’une autre, à un dieu ou à des dieux, quels qu’ils soient, c’est un manque de respect. Personne ne détient la vérité absolue.
La condamnation d’un incroyant constitue également un manque de respect. Personne ne détient la vérité absolue.

Mépriser une personne pour une différence de tenue vestimentaire, c’est un manque de respect.

Des gens, aussi intelligents les uns que les autres, pensent différemment les uns des autres. Personne ne peut décemment prétendre que sa philosophie, sa conviction, sa foi, sa religion, sa race, son groupe, ses coutumes sont la vérité, la vérité avec un grand V. Le faire relève de l’utopie… ou de l’arrogance. Le principe de base qui fait que nous pouvons tous vivre ensemble, c’est le respect.

L’État ne peut pas être musulman, baptiste, catholique, bouddhiste. Il doit être laïc. Et il doit protéger le droit de chaque citoyen à adhérer à sa philosophie, à sa conviction, à sa foi, selon sa conscience.

Les premiers humains venus d’Asie ont transformé le milieu. Puis les Blancs d’Europe ont été transformés à leur contact. Et ils les ont profondément transformés.

Il en sera de même avec les immigrants d’aujourd’hui, qui acceptent des emplois et des salaires que les Québécois refusent. Qui s’adaptent, s’accommodent, et veulent conserver leurs valeurs, leur identité.

Nous avons tous en nous des craintes, un fonds de xénophobie que nous dépensons sans jamais l’épuiser. Il nous ronge le cœur et biaise notre jugement.

Peut-on s’en défaire? Un peu?


Chronique touristique
Connaissez-vous votre potentiel?
Daniel Audet

De l’auberge de Mary Buchanan McIver (maison actuelle de Léo et Gabrielle Dallaire, 1860) à la coopérative Les Artisans de Lingwick, il y a un siècle et demi d’efforts touristiques dans notre canton.

Potentiel d’une industrie touristique à Lingwick : rêve ou réalité?

Un guide touristique publié en 1926 par le gouvernement fédéral conseillait de passer par Gould. Gould à leur avis était l’un des plus beaux villages des Cantons-de-l’Est.

Lingwick a vu depuis une trentaine d’années plusieurs promoteurs touristiques et culturels défiler sur son territoire. Le Caroussel, La Récolte, La Boîte à festin, La Ruée vers Gould, Le Cochon SouRiant, L’Agnelet, le pub Caledonia, Le Pionnier, La Lavanderaie, Le Maillon d’or, Les Artisans de Lingwick, La maison Jane C. Ross, Le Centre culturel Oscar-Dhu, entre autres.

Bien qu’il y ait eu énormément d’efforts, d’imagination et d’argent investis par ces promoteurs touristiques et malgré la qualité du produit offert, plusieurs de ces entreprises n’existent plus. Celles qui résistent le font par conviction de la qualité de leur produit, par l’encouragement de leur clientèle et non pour le bilan financier qui en résulte.

Les forces de notre canton, pour autant que nous les analysions, se comparent avantageusement à bien d’autres endroits touristiques populaires.

1- Nous avons une histoire locale peu banale due à la provenance massive des Hébrides de nos premiers pionniers et du legs de leur culture et de leur patrimoine bâti.
2- La beauté de nos paysages, le vallonnement de nos prairies, le mystère de nos forêts, notre flore et notre faune, nos cours d’eau, nos fermes, nos plantations de sapins, nos lacs devraient séduire le promeneur urbain.

3- Les services du milieu sont adéquats et sympathiques. Plusieurs restaurants, plusieurs types d’hébergement (auberge, chalets, camping).

4- Du côté culturel, Lingwick a une troupe de théâtre professionnelle, innovatrice et créatrice qui, bien qu’elle soit itinérante par vocation, offre aux gens de la localité et aux touristes des productions de qualité sous chapiteau. De plus, un petit centre culturel a, depuis 2006, présenté une quinzaine de spectacles et de conférences.

5- Les loisirs de Lingwick offrent plusieurs activités intéressantes tant pour la population que pour le touriste (journées d’activités d’hiver, d’activités d’été, cours de langues), sans oublier le souci de notre municipalité à bien entretenir le belvédère, le pont couvert, la plage, etc. Force est de constater que le potentiel touristique est là. De plus, une étude touristique commandée à une firme de marketing professionnelle par le Centre local de développement (CLD) du Haut-Saint-François (HSF) souligne que le thème écossais de Lingwick est vendeur pour le tourisme et devrait être plus développé régionalement.

Alors, pourquoi est-il si difficile dans le canton de Lingwick de vivre du tourisme?

1- Il est certain que le retrait du CLD du HSF du secteur touristique n’aide aucunement les promoteurs. Nous sommes l’un des rares CLD à ne pas avoir d’agent touristique. Bien qu’un poste d’agent en rurbanisation ait été créé, il ne comble aucunement celui en tourisme que nos élus ont abandonné.

2- Notre MRC semble avoir oublié tous ces agents à la rurbanisation qui travaillent touristiquement à séduire le visiteur, le touriste, par les atouts d’une région, afin qu’il revienne en touriste ou en voisin.

3- L’incapacité de la table des maires à comprendre l’enjeu du tourisme dans la rurbanisation a sabordé la motivation et la mobilisation de la Table tourisme du Haut-Saint-François. Le seul endroit où les intervenants touristiques de la MRC pouvaient échanger, partager et bâtir.

4- La difficulté des intervenants touristiques et culturels de s’unir et de trouver des fonds pour créer un outil régional efficace de promotion.
5- L’éloignement de notre municipalité des grands centres plus populeux tels que Sherbrooke ou Mégantic n’aide en rien l’achalandage de ses entreprises touristiques.

6- Dans le plus fort de son développement touristique, le manque de ressources financières de notre municipalité et l’impuissance d’appuyer la dizaine d’entreprises touristiques et culturelles qu’elle comptait il y a quelques années.

Aujourd’hui, il en reste cinq.

Il existe quelques solutions simples pour attirer les touristes dans notre municipalité sans pour autant l’appauvrir.

1- Le site du pont couvert est l’un de nos joyaux. Déjà, la coopérative Les artisans de Lingwick y fait bonne figure. Le fait, comme me l’expliquait M. Marcel Langlois, que le bâtiment de la coop se trouve sur l’ancienne portion de la route 257 contourne le règlement du zonage agricole du site du pont couvert.

2- Avec l’installation de l’électricité au pont couvert, serait-il pensable de créer sur le pont un marché public complet? Mmes Cathy Brunet et Carole Lapointe, sur un autre lieu, avaient déjà exploré la faisabilité d’un tel marché public. Plusieurs personnes du monde agrotouristique s’étaient montrées intéressées à participer à un tel projet, tant au niveau de la production de fromage, viande, savon, laine, légumes, pâtisseries, entre autres. Sous le pont couvert, il y aurait de la place pour installer plus de 20 commerçants à tous les week-ends (le tablier du pont n’est-il pas aussi l’ancienne route 257?) À titre d’exemple, le marché public de Scotstown se tient sous un grand arbre et il s’y trouve plusieurs participants et plusieurs clients. La municipalité pourrait en recueillir les loyers pour la saison estivale (environ 12 week-ends). Il ne serait pas abusif pour une location saisonnière de demander 350 $ aux participants. Chaque participant débourserait hebdomadairement moins de 30 $, mais qui rapporteraient à la municipalité quelques milliers de dollars. Du moins, assez de sous pour penser à amorcer une demande de dézonage, la réaliser et par la suite investir adéquatement dans les quelques acres qu’elle possède sur ce site historique sans qu’il en coûte aux contribuables.

3- De développer d’autres projets qui en plus de bénéficier aux générations futures, pourront profiter aux 3 ou 4 générations actuelles de notre localité.

Nous avons le plus long pont couvert des Cantons-de-l’Est, l’un des plus beaux au Québec et l’un des mieux entretenus situé dans un des environnements les plus enchanteurs; un diamant brut qui ne demande qu’à être poli.

Oui, nous avons le potentiel d’une industrie touristique dans notre canton. Pour le moment, pour ma part ce n’est qu’encore un rêve, mais il ne tient qu’à nous tous pour qu’il soit réalisable.

Dans le prochain Reflet, d’autres joyaux de notre patrimoine.


Rubrique : Nos mots, notre âme
Titre : La vendetta
Auteur : Malois

Avec le mot intolérance, nous avons parlé de la richesse du vocabulaire pour décrire l’absence d’empathie.

On a décrit l’inconfort qu’elle engendre.

Or, cet inconfort fait voir l’autre comme mauvais et comme agressant. Et le vocabulaire qui décrit les actions qui peuvent en découler est également riche.

Quand on se sent agressé, on souhaite porter des coups.

On veut que l’autre subisse une correction méritée, un châtiment à la hauteur de sa faute.

C’est en ce sens que le peuple souhaite généralement que les gens coupables de crimes subissent des peines de prison de longue durée, que leur punition soit exemplaire.
On croit peu à la réhabilitation, mais plutôt à l’expiation.

On ne va pas, officiellement, jusqu’à souhaiter le supplice, le martyre, bien que… Des expressions populaires tendent plus à parler de vengeance que de peine méritée.

Au niveau individuel, lorsqu’on se sent agressé… ou lorsqu’on ne partage pas la pensée de l’autre et qu’on n’accepte pas la différence, on raisonne aussi en termes d'amertume.

On tend à réclamer réparation pour un tort qu'on subit ou croit subir. On cherche vengeance. On rêve de représailles.

Cette quête peut être collective. Qui n'a pas entendu parler de la vendetta corse? D'une famille victime d'un crime qui se ligue pour se venger, incluant dans la poursuite toute la
famille élargie?
Un phénomène semblable s'est vécu et se vit toujours ailleurs. Malgré les lois, en Crète, aussi, par exemple, un crime ne se lave que dans le sang.

En Albanie, aujourd'hui, encore, des milliers d'hommes sont condamnés à rester à demeure dans leur maison : un des leurs a commis un crime, et s'ils sortent, ils seront tués. On appelle ça Gjakmarrja, littéralement : la reprise du sang.

À un niveau encore plus vaste, nous ne pourrons pas oublier le génocide du Rwanda : 800 000 assassinats en 90 jours.

Et les deux Grandes Guerres…

Cela finira-t-il un jour?

Quand la haine s'empare du cœur, le bon sens fout le camp. R


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